Alors qu’à Athènes vivait Socrate, sur les bords de la mer Egée vivait Démocrite, un qui devrait être aussi célèbre que lui si les scientifique faisaient bien leur propre publicité que les philosophes.
Démocrite avait, en effet, découvert, quatre cents ans av.J.-C., que la matière est constituée par des atomes en perpétuelle agitation et par de vide.
Son raisonnement était fondé sur l’observation – on dirait aujourd’hui expérience – du mélange du vin et de l’eau.
A cette époque, le vin était stocké et transporté sous forme de pâte. Pour le boire, on dissolvait la pâte dans l’eau. L’eau transparente rougissait petit à petit. Pour que le vin se dissolve dans l’eau, il fallait bien, pensa Démocrite, qu’il soit constitué de petites particules élémentaires qui, se détachant de la pâte, s’isolent les unes des autres et pénètrent l’eau pour lui donner partout cette couleur rouge rosé.
La Chimie c’est comme l’amour – et d’ailleurs certains disent que l’amour c’est de la Chimie*. Il existe entre les atomes des liaisons fortes, des liaisons faibles, des ruptures et des répulsions. C’est cette variété de liaisons qui est à l’origine de la variété des situations.
A l’intérieur d’une molécule, les liaisons sont fortes, mais certaines sont plus fortes que d’autres. Si bien qu’une réaction chimique, c’est d’abord la rupture d’une liaison qui en fait naître une autre, plus forte. A l’intérieur d’une molécule ordinaire, les liaisons sont en général toutes fortes. Mais quels types de liaison relient les molécules ?
Si dans 16 grammes de méthane (CH4), il y’a 6,023 x 1023 molécules, qu’est-ce qui les lie entre elles ?
Réponse : des liaisons faibles. Suffisamment fortes pour assurer la cohésion de l’ensemble, mais suffisamment faibles pour permettre au corps de se déformer et de couler. Liaison fortes, liaisons faibles. Comme en amour, on trouve bien sûr toute la gamme intermédiaire et c’est là que agît le mystère de la subtilité de la Chimie. Car la Chimie est, en effet, une science bien subtile…
* Voir le livre de Jean-Didier Vincent, La biologie des passions,
Paris, Odile Jacob, 1994
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